— Ah salut Jérémie !
— Salut Térence. Comment ça va ?
— Ça va à peu près. Je suis en retard sur un ticket back à finir pour demain.
— Ah bon ?
— C’est de la logique de gestion de mise à jour de données. c’est un peu tordu.
— Dis m’en plus ?

— Je me retrouve à écrire un traitement pluriquotidien d’ordonnancement des intégrations.
— Hein ? Sois plus clair.
— Par exemple : Tu vois ce fichier point-interpol.csv qui est arrivé par upload hier. Il faut l’intégrer dans le moteur du client. Mais il faut d’abord intégrer les régles de calculs. Enfin, d’abord vérifier s’il n’y a pas une nouvelle version des règles de calcul. Pour les appliquer. La même chose avec les règles d’habillage du rapport. Bref.
— Ces données, tu les as sous forme de fichiers ?
— Hmm, ça dépend.
— Mais tu pourrais les extraire dans des fichiers ?
— Oui bien sûr.
— Alors tu n’as pas besoin d’écrire un programme spécifique. Tu as besoin de make.
— Quoi ?
— C’est de make dont tu as besoin. Make fait ce boulot. C’est un outil éprouvé, robuste, stable, pérenne, universel.
— Oui Jérémie, je connais make. Make c’est très bien, mais c’est un outil.
— Et alors ?
— Je suis sensé écrire un programe, Jérémie, pas utiliser un outil.
— Ah bon ? D’après qui ? Je croyais que ton projet était en retard.
— D’ailleurs ça ne marche pas : make s’appuie sur la date des fichiers. Or je peux très bien avoir des données valides seulement jusqu’au 17/05 dans un fichier estampillé au 19/05. Tu vois bien que ce n’est pas fiable.
— D’accord. Puisque tu détiens la date de validité, tu peux utiliser touch.
— Comment ça ?
— Tu appliques les dates de mise à jour respectives à chaque fichier. Puis tu laisses faire make.
— Hmmm. Admettons. Faut que je regarde.
— On peut essayer ensemble à partir d’un cas de test, si tu veux. On n’a qu’à se prendre un sandwich et revenir direct pour binômer.

13h30. Devant le distributeur de boissons chaudes.

— En tout cas merci Jérémie, tu viens de me faire gagner au moins 4 jours.
— Bah de rien.
— Comment tu as fait pour trouver cette idée ?
— Quoi, comment j’ai fait ?
— Ce problème de traitement pluriquotidien d’ordonnancement, figure-toi que je l’ai soumis à l’IA.
— Ah oui ?
— Eh bien elle était à des km de cette solution là. Elle m’a généré du code, mais quand j’ai voulu le lancer je me suis dit : soit j’ai sous-estimé la complexité du truc, soit ce code est pourri en fait. Et j’avais zéro test bien sûr. Et toi tu arrives avec make, et touch, comme ça. Problème résolu. Comment tu fais ?
— Bah ! Tout le monde connaît make…
— Peut être, mais tout le monde n’aurait pas l’idée de l’utiliser pour ça.
— C’est rustique, mais ça marche. Au moins à court terme.
— Comment tu fais pour trouver une idée comme celle-là ?
— Combien de temps tu t’es donné pour réfléchir au problème ?
— Zéro. On est en retard, comme tu sais. C’est pour ça qu’on nous demande de recourir un max à l’IA.
— Recourir un max à l’IA ça ne revient pas à réfléchir au problème.

(à suivre)

gagner-du-temps

Publié sur LinkedIn li 19/05/2025