La scène se passe à 9 heures du matin dans le bureau de Jean-Michel, CTO d’une jeune compagnie qui produit du logiciel pour son compte et pour le compte de ses clients. Sur son réseau social préféré, Jean-Michel vient de terminer la lecture d’un post dont l’accroche consiste en cette prédiction :

L’IA va remplacer les développeurs

Ce n’est pas, pour Jean-Michel, un scoop, mais une évidence qui s’est installée dans sa réflexion depuis quelques mois déjà. Aujourd’hui, il a décidé de sauter le pas. Il a convoqué Jérémie, son développeur le plus chevronné, afin de lui présenter sa stratégie pour les 18 mois qui viennent : annuler les 3 offres en cours pour des postes de développeurs, et déployer à la place une “force de travail full IA”. De cette manière, sa société va se placer en tête de peloton face à la compétition, qui est féroce. Après un premier projet réalisé avec ces nouveaux outils, il ne sera que temps de communiquer à propos de l’IA, et de marquer un grand coup avec une image d’entreprise innovante et à la pointe.

La réaction de Jérémie ne se fait pas attendre :

— Oulah.
— C’est à dire ?
— Tu penses que l’IA va pouvoir réaliser le projet TruK à la date annoncée ?
— Mais j’y compte. La technologie est là, il est temps de s’en emparer et d’en faire un levier, tu ne crois pas ?
— Hmmm…
— Tu m’as toi-même dit pas plus tard que la semaine dernière que tu utilisais l’IA tous les jours.
— Je l’utilise… pour produire du code. Ça ne veut pas dire que l’IA peut remplacer 3 personnes et faire tout le projet TruK à la place de celles et ceux qu’on devait recruter.
— Eh bien oui, produire du code. Tu pensais qu’on les recruterait pour quoi d’autre ces développeurs ?
— Euh. Alors, bien plus que pour seulement produire du code.
— On ne se comprend plus, là.
— Eh bien si tu as le temps, on peut essayer de faire le tour de la question…
— Oh mais je vais prendre le temps. On va faire mieux que ça : si c’est OK pour toi, je vais m’installer à tes côtés, et tu vas me montrer ce que tu fais d’autre que produire du code.
— Si tu as le temps, avec plaisir.
— On va se chercher un café, et c’est parti.

Et ainsi, bravement, nos deux compères décident de répondre au moins en partie, et au moins pour ce qui entre dans la stricte circonscription de leur domaine de compétence, à la question que se posent petits et grands :

Mais que font les gens toute la journée ?

what do people do all day?

(à suivre)

Publié sur Linked In le 30/04/2025